Pour fêter les cinquante ans de « Please, please, please »,
le tout premier single de James Brown sorti il y a près d’un demi siècle, le journaliste et écrivain Florent Mazzoleni a rédigé un ouvrage extrêmement complet sur l’ensemble de l’œuvre du Godfather of Soul. Plus qu’une simple biographie, James Brown, l’Amérique noire, la soul et le funk retrace toute l’histoire de la musique noire américaine populaire et de ses acteurs majeurs.
C’est donc en 1955, à 22 ans que James Brown débute sa carrière. Avec ses Famous Flames, il présente la maquette du morceau « Please, please, please » à quelques producteurs qui sentent immédiatement le potentiel du jeune homme. Signés chez King pour 200 dollars, James Brown et sa troupe enregistrent en studio le titre qui sortira dans tous le pays le 3 mars 1956, malgré la frilosité des dirigeants. Une frilosité qui passe bien vite grâce au succès de la chanson qui s’écoule à plus d’un million d’exemplaires. La (déjà très sex) machine est lancée.
Dès les premières pages, le livre se démarque en offrant une vision globale des destins croisés de James Brown et de l’Amérique, d’abord noire puis dans son ensemble. On découvre rapidement le caractère de tyran d’un artiste exceptionnel doublé d’un homme d’affaire redoutable, qui n’hésite pas à mettre des amendes pour un oui ou pour un non, y compris à lui-même pour donner l’exemple. James Brown devient rapidement l’ambassadeur de la soul, puis du funk et tous les courants hybrides qui naviguent entre les deux. Les prestations scéniques sont fidèlement rapportées, de l’enchaînement des titres jusqu’aux costumes de l’artiste, sans oublier le sacro-saint brushing, dont un membre de la James Brown Revue avait la charge exclusive et qui pouvait demander jusqu’à quatre interventions quotidiennes.
Si James Brown est le fil rouge de cet ouvrage, il n’en est pas pour autant l’unique personnage. Au fil des pages, Florent Mazzoleni énumère tous les artistes qui ont gravité autour du Gadfather. Qu’il s’agisse d’influences, de concurrents ou de partenaires, chacun d’entre eux à droit à un portrait. Les photographies en nombre impressionnant sont un des autres atouts de cette œuvre qui recense la quasi-totalité des pochettes de disques signé James Brown, plus d’innombrables clichés de lui et tous ceux qui traversent ces 174 pages.
Reste cepandant que la leceture n’est pas toujours agréable. La construction d’un tel ouvrage est complexe ce qui fait qu’on a de temps en temps des allers-retours dans le temps qui perdent le lecteur plus qu’ils ne l’éclairent. Dommage également que les fautes de frappes soient aussi nombreuses.
Ces points de formes mis à part, James Brown, l’Amérique noire, la soul et le funk se révèle idéal pour s’initier à la culture noire américaine comme pour peaufiner sa connaissance du mythe. Un ouvrage riche qui séduira amateurs et confirmés.
James Brown, l’Amérique noire, la soul et le funk
Florent Mazzoleni
Hors Collection
22 euros
Jarsallé Julien

